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30.05.2007
Le jour de mes 25 ans
Le jour de mes 25 ans, je suis retournée à Paris pour fêter mon anniversaire avec ma famille et mes amis.
Cela faisait déjà deux ans que j'étais partie vivre à Lisbonne avec mon mec, qui avait décidé qu'il fallait se marier pour l'occasion. Les choses n'ont pas été faciles pour nous, mais à ce stade, on pouvait dire que nous étions installés pour de bon. Enfin nous maîtrisions le portugais. La ville n'avait plus de secret pour nous. D'ailleurs, on repensait avec bienveillance à ces premiers voyages qui nous avaient conquis, à nos erreurs de touristes mal informés. La boîte avait enfin fait son chemin et on en vivait plutôt pas mal. Moi, j'avais pu garder quelques relations avec mes copines journalistes qui me pistonnaient, pour me faire plaisir je le sais, et me permettaient d'avoir un papier de temps en temps dans des magazines de voyage. Et j'y parlais de ma nouvelle ville, bien entendu.
Bref, ce jour là, c'est donc forte de cette vie que j'avais réussi à imposer à tous que je rentrais au bercail avec une nouvelle qui allait encore les terrasser. J'étais enceinte. Pas de très longtemps, mais enfin! Non pas que j'en rêvais bêtement, mais j'avais toujours voulu être une mère jeune et immature. Paradoxal? Non. J'avais déjà acheté des rollers pour en faire sur les pentes du Bairro Alto avec celui ou celle qui allait me permettre enfin d'arrêter de penser à moi et de m'occuper l'esprit à plein temps. Si c'était un garçon, il s'appellerait Gabriel. Encore une victoire obtenue de haute lutte. Mon ange à moi. Alors quand tous m'ont félicité, je savais bien ce qu'ils pensaient : que j'étais complètement irresponsable. Mais je suis comme ça, je n'en fais qu'à ma tête, je ne supporte pas de suivre le mouvement. Et dire que j'avais failli devenir avocate dans le 17ème. J'étais une ado qui avait réussi à se faire son moule à elle. Heureuse et loin de tous ces grincheux carriéristes qui m'avaient fait chier depuis toujours.
C'est ce qui aurait du se passer. Si j'en avais vraiment fait qu'à ma tête. Si les choses n'avaient pas basculé en 2004 puis dégénéré depuis. Ce qu'il s'est passé "en vrai", c'est que pour mes 25 ans j'ai du revenir chez mes parents parce que mon mec avait disparu du jour au lendemain, que je n'avais pas de boulot ni d'avenir et que personne n'a pensé à moi. Mes soeurs s'en sont rendu compte et ont maladroitement essayé de "rattraper le coup" en invitant à la dernière minute ceux-là même qui n'y avaient pas pensé. Et qui se sont bien évidememnt excusés par téléphone de ne pouvoir venir, gâchant le maigre effet de surprise. Qu'elle était triste cette table de la Grille Montorgueil, avec ces malheureux qui s'en voulaient et essayaient de me faire sourire. Et moi, pour la seule et unique fois de ma vie, j'ai voulu mourir, pour de vrai. A quoi bon? Cela allait donc être ça ma vie?
Hier, je suis retournée à la Grille, et j'aurais très vite 26 ans. L'occasion pour moi de faire le point. De ce présent qui n'aura jamais lieu, je ne regrette aujourd'hui que deux choses : je ne serai jamais la mère irrésponsable de 25 ans qui fait du pop-corn le dimanche et balance des jurons à longueur de journée, qui se déguise et fait des chants sioux et je ne serai jamais cette fille de 25 ans qui aura eu le courage de tout plaquer pour partir dans un pays dont elle ne savait rien juste parce qu'elle était tombée amoureuse d'une ville.
Ma vie rêvée d'avant ne me fait pourtant plus envie. Le désespoir profond dans lequel j'étais a presque disparu. J'ai une vie qui me convient et de nouveaux amis bien plus amusants.
Cela valait la peine de s'accrocher. C'est sûr. Ce qui m'attend cette année, après la "convalescence", c'est de commencer à faire de vrais choix. Et des choix, je sais déjà qu'il faudra en faire pour tout. Ils sont déjà là, devant moi.
J'ai peur et j'ai hâte en même temps.
20:25 Publié dans Héliophileries, Moi, parfois | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note







Commentaires
je suis fière de toi ma soeur
Ecrit par : yon | 31.05.2007
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